samedi 3 juillet 2010

Concert de -M- le 30/06/10 au Château de Versailles.


Extraordinaire.
Voici à peu près le terme qui rend justice à la prestation de -M-sur une scène flottante dans l'eau du Bassin de Neptune. J'étais déjà très excitée, surtout en entendant les dires de mes comparses qui l'avaient vu à l'Olympia et au Zénith. Mais arrivée devant le Château, j'aperçois une foule de quarantenaires motorisés qui m'amènent à soulever la question suivante: "Dans quoi je me suis embarquée?"
Il est vrai qu'en prenant ma place, toute exultée que j'étais à l'idée d'aller voir Mathieu Chedid se produire à Versailles, je n'avais fait attention ni à l'heure du concert, ni aux moyens pour rentrer. Faut dire que la résidence du Roi Soleil, c'est pas la porte à côté, et le service du Reur C qui, en plus d'être une pathétique lenteur, s'arrêtait à 23h50. Restait alors l'option Transilien, sachant qu'une des des gares était à Perpètes, et que ma carte Imagin'R ne prenait pas les trajets de la zone 4 (et entre nous, je n'allais tout de même pas payer un ticket pour 2 misérables stations). Tant pis, me dis-je, j'aviserai.

Arrivée à ma place, j'observe le groupe de première partie, Yodelice. Rien de très percutant, jusqu'à ce que j'entende les premières notes de "Midnight Radio" une des plus belles chansons de la comédie musicale "Hedwig and the Angry Inch". Finalement, Yodelice s'avère être un combo aux mélodies fortes et profondes, tout comme la voix du chanteur. C'est la première fois qu'une première partie me charme autant. Affaire à suivre.
Attente. Je suis très bien placée, et les occupants du carré or, à quelques mètres de moi, qui sirotent dans leur coupe de champagne me font doucement rire: nous sommes presque à la même distance de la scène, sauf qu'eux, ils ont payé 100 euros de plus, les chéris.
Une hola à faire pâlir d'envie les supporters de la Coupe du Monde se forme. Waô, je n'avais pas vu ça depuis les quelques rares concerts que j'ai fait à Bercy.
Je suis à côté d'un couple fort sympathique qui entament la discussion. Comme moi, ce sont des jeunes n'ayant pas la "chance" de posséder une voiture. Un taxi à trois? Co-voiturage? Stop? Let's see when the show's over.

23h45 et des poussières. Entrée fracassante de -M- sur "Mister Mystère, dans un décore de blanc et noir, sur fond de M inversé. C'est qu'il sait maîtriser une audience, le bougre! Les chansons du dernier album s'enchaînent, avec un blues sublime sur "Tout sauf toi", qui nous remémore les années Hendrix. Lorsqu'il s'adresse au public, Mathieu devient ce personnage ludique et lubrique à la voix feutrée, haranguant le public. "A poil!", tu as dit, toi là-bas? Eh bien vas-y, fais-nous voir!
Au signal de "Hold-up", la foule se lève et les gradins se transforment en véritable dance-floor géant. C'est de l'électro, mais celle sur laquelle on peut bien swinguer. Comme -M- sent que nous sommes chauds bouillants, il nous fait crier 30 fois afin de créer un immense "délire collectif".
Sur "Ma bonne étoile", je ressens ces frissons si particulier, ceux qui prouvent que la musique me happe entièrement. Sur "Je dis aime", la foule tape tellement en rythme que Mathieu n'arrive plus à suivre et nous félicite.

Puis vient le "Complexe du cornflakes" et sa panne de courant. Croyez-vous que cela arrête -M-? Que nenni! Qu'à cela ne tienne, il se fond dans le public et continue la chanson en acoustique. Mes compatriotes et moi nous retrouvons au premier rang, alors que la foule s'avance vers les musiciens, je suis littéralement à 2 mètres de l'artiste. La chanson s'achève sur scène et avec un lancer massif de Kellog's par un Superman mexicain, tandis que -M- joue le riff de "Beat it".
Ca y est, nous sommes tout devant, appuyés contre la barrière. J'aurais aimé éviter les Versaillaises hystériques invitées à danser sur "Amsétou", mais pendant le medley "A tes souhaits/ Mama sam/ Onde sensuelle/ Qui de nous deux/ Qui est le plus fragile/ En tête à tête, j'ai une vue parfaite.
Le medley signa le rappel de -M- qui clôtura sa prestation sur un "Machistador" magistral, après nous avoir fait tous se prendre par la main.

L'euphorie est de courte durée pour nous les jeunes qui recherchons désespèrement une voiture. Comme dirait G. -la moitié du couple, ndlr- on peut se prendre la main pendant un concert, mais dès qu'on en est sortis et qu'il s'agit de rendre service, c'est "Hello goodbye"! Nous allions nous rabattre sur l'option taxi quand une adorable femme nous proposa de nous déposer à Gambetta.
Total: 4 euros dépensés pour rentrer de Versailles à République!
La soirée fut épique, riche en émotions et je n'ai qu'une chose à dire à Mr Chedid, à savoir que je l'-M-, lui et sa planète.

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