vendredi 24 juin 2011

'Brighton Rock'


Brighton, 1964.
Mobs of mods and rockers fighting in the streets, announcing the riots of 1977.
Adapted from Graham Greene's compelling thriller, 'Brighton Rock' tells the story of one of the most peculiar killers of detective literature, Pinkie Brown, aged 17. The movie starts with the murder of Pinkie's gang leader, Kite. When Pinkie's gang tries to avenge Kite by stabbing his murderer, they are witnessed by waitress
Rose. So, Pinkie will do his utmost to make her fall in love with him, to prevent her from talking.
Despite his hatred for women. despite his disgust for anything related to love and sex. Although kissing arouses nothing but repulsion in him.

The movie remains quite faithful to the book, its thrilling atmosphere, and the quickened rhythm towards the end, though it may seem a little bit slow at times. Still, this is also one of the director's choice: to keep you in a constant state of tension.
This is heightened by Sam Riley's brilliant performance, who masters perfectly Pinkie's twitches of disgust. My only disappointment: a few references only to the fact that he does not drink nor smoke, whereas this is one of the highlights of the protagonist.
Rose mixes fear, sweetness and naiveté, while Pinkie"s are just as good. Helen Mirren embodies motherly Ida, far less annoying than in the book.
Still, you stand with Pinkie and Rose, wondering what the hell Ida is doing while noseying round other people's business.

But Brighton Rock's main asset lies in its aesthetic quality. Graphically speaking, you cannot but feel delighted, colours and moves merge to make anxiety rise. Brighton Rock is quite a gloomy, bloody movie, and the music during Pinkie's chase is just marvellous.
Many people criticised the fact that the action took place in the 60s rather than in the 40s. But Joe Wright managed to re-create the 60s far better than the setting of his two previous movies, 'Pride and Prejudice' and 'Atonement'. For once, Mr Wright knew how to read a book. Well done, Joe, you did it!!
The only big failure: the ending, too much Hollywoodianised for my taste (but knowing the director, it seemed unavoidable). Mr Wright, please re-read the book. You'll see that in Brighton Rock, there is no redemption, only hell and sin. Who knows... maybe your next film will be your masterpiece.

Nevertheless, dear spectators, for the moment, instead of blindly following critics and risking to experience massive boredom while watching 'The Tree of Life', go and see 'Brighton Rock'. I beg you. i'll leave you with this image and the most moving lines of the film:
Pinkie, with an angry voice, trying to scare Rose: 'Are you afraid?'
Rose: 'Not when I'm with you!'

mardi 21 juin 2011

Cent Ans de Solitude, Gabriel Garcia Marquez

Avec Gabriel Garcia Marquez, c'était en quelque sorte ma première entrée dans le monde de la littérature hispanophone. Du moins ma première entrée réussie. Jusqu'ici, l'insipidité du Songe de Caldéron et les frasques d'autres auteurs dont j'ai, depuis longtemps, oublié le nom, ne m'avaient jamais plus intéressée que cela.

Mais avec ce roman... quel choc!!! 'Cent ans de solitude' est d'ailleurs impossible à résumer. Garcia Marquez nous balance sa fresque épique et familiale en pleine figure. On suit les pérégrinations de la famille Buendia, depuis l'arrivée au village mythique de Macondo jusqu'à la déchéance de celui-ci. Déchéance qui, d'ailleurs, touche aussi cette famille dont on suit l'histoire sur plus de quatre générations.

Chez Garcia Marquez, tout est fluidité, mouvance et nostalgie. A l'image de son style, les personnages évoluent dans leur imaginaire, leurs superstitions et leurs rêves. Les fantômes viennent se poser au pied d'un arbre, où hantent la pièce d'une maison, l'inceste guette les Aureliano, et le cycle infernal des peurs des membres de la famille se répète de génération en génération. Il est parfois un peu difficile de se rappeler la filiation des protagonistes qui portent souvent les mêmes prénoms, mais qu'importe, l'auteur nous emporte dans son tourbillon d'aventures. Chez les Buendia, l'autorité est incarnée en la personne de Ursula, la doyenne qui finira par devenir aveugle et entreprend un commerce de caramel avec sa bru, Sainte Sophie de la Piété. Le colonel Aureliano, lui, après avoir été un héros de guerre, se perd dans la fabrication de ses petits poissons en or.
Les autres moments ou personnages qui m'ont plus sont: l'orpheline Rebecca, recueillie par les Buendia, qui tombe amoureuse du fils aîné mais le tue par amour, le fantôme de Melquiades pesant sur la maison, l'incroyable légerèté de Remedios la Belle qui s'en va dans les airs, la joie de Meme, les cauchemars de José Arcadio le Second, hanté par le wagon de morts assassinés par son frère jumeau, la visite de Ursula à son fils dans la prison... et bien plus encore. On referme le roman happé par la nostalgie que désire transmettre l'auteur.

un peu d'histoire: Garcia Marquez est associé au mouvement 'réalisme magique', dont font aussi partie plusieurs auteurs latino-américains. Dans ces textes, réel et fantastiques se mêlent alors que les personnages tiennent cet assemblage pour acquis, ainsi, le spectre de votre ennemi surgit les soirs d'insomnie, une jeune fille s'élève dans les airs pour ne plus jamais revenir sur terre, et l'ombre d'un gitan plane enfouie dans l'une des pièces de la maison.
'Cent ans de solitude' est aujourd'hui considéré comme l'ultime roman de réalisme magique, qui transparaît aussi dans le style. Garcia Marquez ne suit pas un développement chronologique mais mélange passé, présent et futur à la manière de la mémoire humaine. Il élève les traditions et le folklore colombien au rang de mythe, si bien que chaque moment de l'histoire prend une dimension épique. L'insatiable soif de connaissance des personnages masculins semble détruire l'isolation du village, pendant que les femmes sont effrayés d'enfanter des rejetons avec des queues de cochon, selon une malédiction qui peserait sur la famille.
Les nombreuses images et métaphores donnent au texte une touche incroyablement poétique.
D'ailleurs, le style n'est pas sans rappeler celui de Salman Rushdie dans 'Midnight's Children', qui demeure, à présent, un de mes romans préférés.

Cent Ans de Solitude est un incontournable qui mérite bien son statut de grand classique. A lire, donc.