samedi 3 juillet 2010

Concert de -M- le 30/06/10 au Château de Versailles.


Extraordinaire.
Voici à peu près le terme qui rend justice à la prestation de -M-sur une scène flottante dans l'eau du Bassin de Neptune. J'étais déjà très excitée, surtout en entendant les dires de mes comparses qui l'avaient vu à l'Olympia et au Zénith. Mais arrivée devant le Château, j'aperçois une foule de quarantenaires motorisés qui m'amènent à soulever la question suivante: "Dans quoi je me suis embarquée?"
Il est vrai qu'en prenant ma place, toute exultée que j'étais à l'idée d'aller voir Mathieu Chedid se produire à Versailles, je n'avais fait attention ni à l'heure du concert, ni aux moyens pour rentrer. Faut dire que la résidence du Roi Soleil, c'est pas la porte à côté, et le service du Reur C qui, en plus d'être une pathétique lenteur, s'arrêtait à 23h50. Restait alors l'option Transilien, sachant qu'une des des gares était à Perpètes, et que ma carte Imagin'R ne prenait pas les trajets de la zone 4 (et entre nous, je n'allais tout de même pas payer un ticket pour 2 misérables stations). Tant pis, me dis-je, j'aviserai.

Arrivée à ma place, j'observe le groupe de première partie, Yodelice. Rien de très percutant, jusqu'à ce que j'entende les premières notes de "Midnight Radio" une des plus belles chansons de la comédie musicale "Hedwig and the Angry Inch". Finalement, Yodelice s'avère être un combo aux mélodies fortes et profondes, tout comme la voix du chanteur. C'est la première fois qu'une première partie me charme autant. Affaire à suivre.
Attente. Je suis très bien placée, et les occupants du carré or, à quelques mètres de moi, qui sirotent dans leur coupe de champagne me font doucement rire: nous sommes presque à la même distance de la scène, sauf qu'eux, ils ont payé 100 euros de plus, les chéris.
Une hola à faire pâlir d'envie les supporters de la Coupe du Monde se forme. Waô, je n'avais pas vu ça depuis les quelques rares concerts que j'ai fait à Bercy.
Je suis à côté d'un couple fort sympathique qui entament la discussion. Comme moi, ce sont des jeunes n'ayant pas la "chance" de posséder une voiture. Un taxi à trois? Co-voiturage? Stop? Let's see when the show's over.

23h45 et des poussières. Entrée fracassante de -M- sur "Mister Mystère, dans un décore de blanc et noir, sur fond de M inversé. C'est qu'il sait maîtriser une audience, le bougre! Les chansons du dernier album s'enchaînent, avec un blues sublime sur "Tout sauf toi", qui nous remémore les années Hendrix. Lorsqu'il s'adresse au public, Mathieu devient ce personnage ludique et lubrique à la voix feutrée, haranguant le public. "A poil!", tu as dit, toi là-bas? Eh bien vas-y, fais-nous voir!
Au signal de "Hold-up", la foule se lève et les gradins se transforment en véritable dance-floor géant. C'est de l'électro, mais celle sur laquelle on peut bien swinguer. Comme -M- sent que nous sommes chauds bouillants, il nous fait crier 30 fois afin de créer un immense "délire collectif".
Sur "Ma bonne étoile", je ressens ces frissons si particulier, ceux qui prouvent que la musique me happe entièrement. Sur "Je dis aime", la foule tape tellement en rythme que Mathieu n'arrive plus à suivre et nous félicite.

Puis vient le "Complexe du cornflakes" et sa panne de courant. Croyez-vous que cela arrête -M-? Que nenni! Qu'à cela ne tienne, il se fond dans le public et continue la chanson en acoustique. Mes compatriotes et moi nous retrouvons au premier rang, alors que la foule s'avance vers les musiciens, je suis littéralement à 2 mètres de l'artiste. La chanson s'achève sur scène et avec un lancer massif de Kellog's par un Superman mexicain, tandis que -M- joue le riff de "Beat it".
Ca y est, nous sommes tout devant, appuyés contre la barrière. J'aurais aimé éviter les Versaillaises hystériques invitées à danser sur "Amsétou", mais pendant le medley "A tes souhaits/ Mama sam/ Onde sensuelle/ Qui de nous deux/ Qui est le plus fragile/ En tête à tête, j'ai une vue parfaite.
Le medley signa le rappel de -M- qui clôtura sa prestation sur un "Machistador" magistral, après nous avoir fait tous se prendre par la main.

L'euphorie est de courte durée pour nous les jeunes qui recherchons désespèrement une voiture. Comme dirait G. -la moitié du couple, ndlr- on peut se prendre la main pendant un concert, mais dès qu'on en est sortis et qu'il s'agit de rendre service, c'est "Hello goodbye"! Nous allions nous rabattre sur l'option taxi quand une adorable femme nous proposa de nous déposer à Gambetta.
Total: 4 euros dépensés pour rentrer de Versailles à République!
La soirée fut épique, riche en émotions et je n'ai qu'une chose à dire à Mr Chedid, à savoir que je l'-M-, lui et sa planète.

lundi 28 juin 2010

"Le Tour du Monde en 80 Jours" de Jules Verne


Il en est de ces livres qu'il ne faut lire ni trop tôt, ni trop tard, ni trop jeune, ni trop âgé. Le tour du monde en 80 jours en fait partie. Ne me méprenez pas, mon but n'est pas de fustiger la littérature de jeunesse. Je suis la première à compter Alice au Pays des Merveilles et Peter Pan parmi mes livres préférés.
Pourtant, il est clair qu'il faut lire le roman de Verne à un âge où l'esprit est encore vierge de toute détection de préjugés socio-moraux. Je vois déjà les fans du bonhomme s'offusquer, mais je n'y peux rien, l'oeuvre de Verne fera alors partie des grands classiques qui me laissent profondément insensible. Dans des cas comme celui-ci n'avez jamais vous éprouvé cette étrange sensation qui vous amène à vous interroger: "mais qu'est-ce-que tout le monde lui trouve, à ce mec?"

Je m'explique: étant férue de littérature et d'aventure, Verne, j'en entends parler depuis toute petite. Son goût précurseur pour la science-fiction, ses machines à remonter le temps, tout me poussait a priori naturellement vers lui. Seulement, mon chemin n'avait encore jamais croisé le sien. Il y a quelques mois, je suis allée avec des amis voir l'adaptation théâtrale de Sébastien Azzopardi, durant laquelle nous avons plusieurs fois ri aux larmes. L'original reposait alors au chaud et dans la poussière de ma bibliothèque et comme la pièce m'avait donné envie de lire l'oeuvre, je m'étais dit que c'était effectivement le bon moment.

Et là, en finissant le roman, QUELLE DECEPTION!!! On a beau considérer Verne comme un maître, j'aurais envie de répliquer qu'une intrigue, ça ne fait pas tout. Certes, l'idée est bonne et les personnages amusants, mais pourquoi diable s'éterniser sur 278 pages et nous faire agoniser à force de descriptions techniques qui ont pour but d'étaler la science livresque de l'auteur?
Et petit à petit, on se rend compte que ce pari qui entraîne le sieur Phileas Fogg et son fidèle serviteur Passepartout à voyager sans même penser à visiter est relégué au simple rang de divertissement. Pire, on s'ennuie. Les péripéties pourraient être palpitantes si le narrateur cessait d'adopter ce ton condescendant. Chaque fois que Fogg semble manquer une étape, vous ne vous inquiétez même pas - contrairement aux autres personnages - parce que l'issue est si prévisible et répétitive que vous perdez tout intérêt. Je ne compte plus les fois où j'ai levé les yeux aux ciel dans le mauvais étalage de sentiments, les descriptions interminables du fonctionnement de tel ou tel bateau...

Fogg et Passepartout passent successivement par l'Inde, la Chine, le Japon, les Etats-Unis, suivis par l'inspecteur Fix, persuadé que le gentlemen est responsable d'un vol de bank-notes. Fogg est généreux, Passepartout lui voue une admiration plus que douteuse (oui mon esprit tordu a tenté d'imaginer une romance gay afin de pimenter ma bien monotone lecture), Fogg récupère une Indienne éduquée à l'anglaise, ils se marient et sont heureux, Fogg gagne son pari. C'est à peu près tout. Nulle psychologie des personnages, nul protagoniste véritablement saisissant, à part peut-être Fogg, et encore... (les pires étant Passepartout et Mrs Aouda, la "bonne sauvage").
L'exemple de la bonne sauvage me permet de faire le lien avec Verne qui s'acharne à nous montrer la couleur locale de chaque pays, les comportements de telle ou telle nation, avec un racisme non caché. Ca en devient presque répugnant. Plusieurs personnes m'ont rétorqué que c'était d'époque, mais ce genre d'excuse me laisse franchement dubitative. C'est un peu comme dire que c'est normal d'être antisémite pendant la Seconde Guerre Mondiale, m' voyez...

Je terminerais sur l'absence de style de Verne, pour une fois de plus, et non sans une certaine provocation, remettre en question son statut de grand auteur. Eh bien allez lire du Verne. C'est biaisé et ça empeste le préjugé, c'est limite du behaviourisme sauvage avant l'heure. Vous avez l'impression qu'à chaque évènement, à chaque personnage correspond une façon déterminée de réagir. Quant au côté révolutionnaire de ses inventions techniques et imaginatives, je dirais que ça a mal vieilli et qu'un lecteur du 21ème est en droit de ne plus être impressionné. En revanche, pour comparer avec d'autres auteurs de la même époque, la lectrice que je suis restera toujours fascinée par la richesse stylistique et psychologique d'un Flaubert ou la modernité d'un Zola.

Moralité: allez voir la pièce vous payer une bonne tranche de marrade, mais évitez de vous infliger la souffrance de la lecture.

samedi 26 juin 2010

"Edvard Munch ou l'Anti-Cri" à la Pinacothèque


Comme son titre l'indique, le but de l'exposition est de revenir sur l'oeuvre méconnue et foisonnante de l'artiste norvégien dont on ne connait que cette peinture qui a fait couler beaucoup d'encre, Le Cri. Le cadre correspond parfaitement à l'ambiance qui se dégage de l'oeuvre. Les organisateurs ont choisi de nous faire déambuler dans un sombre labyrinthe recréant les méandres de la psyché Munchienne, où seules les oeuvres sont éclairées.
Le spectateur peut alors découvrir le parcours artistique du peintre, des éléments biographiques, et surtout comment il a manié - avec dextérité - diverses techniques.

C'est précisément un des aspects qui m'a le plus touchée dans cette rétrospective: pour une fois, les textes qui accompagnent les toiles et dessins se concentrent sur le travail de Munch, la façon avec laquelle il retravaillait sans cesse ses oeuvres, superposant les couches, appliquant la couleur...point de longues dissertations sur sa vie (la plupart du temps, mes explications biographiques m'ennuient).
Toutefois, on commence par ses débuts, et son enfance difficile. Ce qui est impressionnant, c'est de voir avec quelle aisance Munch intègre les courants artistiques de son temps pour subvertir leurs techniques à sa manière. Il commence donc avec de petites toiles dans le style impressionniste pour ensuite s'affranchir de la touche colorée; alors ses oeuvres deviennent, comme toutes les autres toiles, menaçantes, malgré les explosions de couleur. Les scènes des toiles sont sinueuses. Munch voulait "représenter la vie" et elle le lui a bien rendu. Pourtant, la présence d'une ombre (Femme au chapeau rouge), d'une atmosphère (Hiver) nous rappelle constamment que la réalité représentée est sienne. Une réalité froide et dure, quoique vivante. Dans Le tronc jaune, et d'autres paysages similaires, Munch utilise de façon remarquable la perspective, et le spectateur se retrouve véritablement happé par le tableau.

Munch est précurseur. Munch est poursuiveur, Munch est suiveur. Je le cataloguais à tort parmi les expressionnistes, mais il est tout à tour impressionniste, réaliste, et symboliste. Parfois même dans une seule et même toile. La vie et la mort se côtoient systématiquement (L'enfant malade, ses visions d'ouvriers), se font des clins d'oeil, se cherchent. Les nus sont saisissants. J'ai moins aimé les portraits, trop travaillés à mon goût.
La période charnière que représente le tournant du siècle (19ème-20ème) m'a le plus émue. C'est à ce moment que la tendance symboliste de Munch s'affirme, son côté presque mystique. Il commence par travailler la lithographie et les gravures, techniques pour lesquelles - à mon sens- il est le plus doué. C'est violent, noir et cru. L'afficionado de l'art sombre s'aperçoit que Munch fait partie de ces artistes qui, tel un Goya ou un Fuseli, dépeignent à merveille les affres de la folie et du cauchemar. Dans ces oeuvres, Munch est hanté par la maladie, le vampirisme et les cheveux de femme.
On retrouve un peu plus loin le thème de la sexualité troublée avec la série Alpha et Oméga ou l'histoire d'un couple et la mort de sa moitié.

Cette série me permet d'achever cet avant-goût de visite pour dire qu'il faut être à mon avis dépourvu de coeur pour rester de marbre face à l'oeuvre de Munch. J'emprunterais donc à mon père (qui m'a accompagnée) le mot de la fin "C'est très émouvant".
Alors, faîtes vous plaisir, plutôt que de traîner dans la chaleur étouffante du Louvre envahi par les flashs touristiques, plutôt que de se précipiter aux expos dont tout le monde parle, allez faire un tour du côté de chez Munch. Il ne reste que quelques jours...

vendredi 25 juin 2010

She's got a ticket to ride

On en est, à peu près .

Fin d'année, le mémoire est rendu dans des conditions déplorables, avec heureusement une mise en page qui a de la gueule et qui sauvera le manque de contenu et d'idées...
1h58, le 26 juillet, à quelques semaines de mon départ. Après ces nuits blanches passées à finir de traiter le sujet qui m'a accompagné toute l'année, mes Préraphaélites chéris, je devrais me coucher, aller prendre ma douche, toute sale que je suis en sortant du Rocky - plus d'explications un autre jour peut-être. Mais l'envie de poser des esquisses sur la toile m'assaillit, je me dis avec honte que je n'ai pas eu le temps de parler de tous ces livres, films, expos rencontrés les derniers mois. Je re-situe un peu le contexte: dans 4 semaines exactement, je pars pour l'Afrique du Sud. (J'en colle une à celui qui me dit que je n'arriverai pas à temps pour la finale du foot, ça n'est pas du tout pour cela que j'ai choisi de partir).

En réalité, c'était obligatoire, nous partons tous, pour un an à l'étranger. Je revois encore la liste des destinations. Afrique du Sud? ça fait *tilt*. Je ne connais rien à ce pays, et encore maintenant, je n'ai que de vagues souvenirs des cours brouillons et peu fournis de notre prof de civi de cette année. Procédure par éliminations:
US? NO WAY. Pas question de revenir avec l'accent yankee. Pas folle, la guêpe. et puis idéologiquement, un an chez Macquedo, c'est littéralement impossible. Il y a des idées, des façons d'être dans le pays de l'Oncle Sam qui me révulsent profondément. Rien que le côté toujours enthousiaste des autochtones. Avec un habitant US, tout ce que vous faîtes est "awesome" ou "amazing".
("I ate an appel yesterday"
"You DON'T SAY!! THAT'S AMAZING")
Je m'arrête là, où je vais me faire lyncher. Bon tout n'est pas généralisable, je connais des américains qui déchirent leurs mamans et Dieu merci, des personnes telles que Steinbeck, Patti Smith, The White Stripes ou Jackson Pollock ont existé.
Australie? Bof.
Londres? What's the point? j'y passe ma seconde vie et c'est la ville ou j'irai m'installer probablement, un jour.
Dublin? c'était mon deuxième choix. Mais la Lucinda, elle a besoin de grands espaces voyez-vous.
Ecosse? trop près. Quitte à partir, autant aller à l'autre bout du monde!
Pourquoi alors? Bonne question. ce choix s'est fait, comme beaucoup de choses, sur un coup de tête. Besoin d'autre chose, envie d'horizons et de cultures lointains. Et surtout, après l'entrée dans une école dite "supérieure" j'ai, à mon grand dam, découvert que très peu de gens m'intéressaient là-bas. Qu'il y avait certains cours dont je n'avais strictement rien à faire, et que, après mes années de prépa, on nous prenait parfois un peu pour des idiots. Pitié vous qui vous destinez à l'entrée dans une ENS, ne croyez pas que vous allez rencontrer une foultitude de personnes cultivées, attachantes et passionnantes.

Ceux qui me connaissent diront que je pars là-bas par esprit de contradiction. Ce qui n'est pas totalement faux. C'est d'ailleurs assez draule, les réactions de mes proches ou autres à la nouvelle du départ. On passe par le "mais qu'est ce que tu vas foutre dans ce trou?" au "t'es folle!! c'est hyper dangereux". Et puis, il y a ceux qui connaissent. Qui comprennent. En général, ces personnes m'ont regardées avec une lueur particulière dans leur regard, pour me dire: "tu vas voir, tu vas adorer". Mais sans en dire plus. Comme si, en annonçant la nouvelle, ils avaient sur le moment partagé un secret chargé de sourires, de non-dits et de vécu.


Sauf que, ce que je n'avais pas prévu, c'était que ce petit farceur de passé est venu frapper à ma porte. Retransmission de la scène en différé:
Lui: "Salut, ça va?
Je (grognement): -Mmmm... Tu m'expliques ce que tu fous là? je ne t'ai pas appelé.
Lui: Tu sais.j'ai plein de choses pour toi.
-Ah oui?
-Tu as vu la valise que je me trimballe?
-Moui.
-Elle est remplie de souvenirs. De ceux que tu as jeté aux ordures, tu te rappelles? Je les ai récupérés, je viens te les ramener. Tu ne peux pas partir comme ça en voulant simplement les effacer.
-OK, mais j'en fais quoi?
-Eh bien... tu aviseras. Je te fais confiance. Et je leur fait surtout confiance, à eux.
Sur ce, il a claqué la porte et a disparu aussi vite qu'il était entré.


Il faut dire que tout s'est passé si vite... Et étrangement, on se rend compte qu'être heureux, c'est plus difficile qu'on ne le croit. Peut-être que ça fait partie de ce qu'on appelle communément "grandir". "Grandir", cette force accablante du verbe qui nous pousse à développer notre syndrome de Peter Pan. Ou de Clochette entre autres. Je fanfaronne, j'exulte, mais au fond, c'est comme si le film se déroulait en avance rapide. Je n'ai pas eu le temps de me préparer à l'idée. Comment ça, départ dans 4 semaines? C'est impossible, voyons. Reste majoritairement les démarches administratives. Essayer, pendant quelques jours, de profiter, de voir, de découvrir, d'écouter. Avec vous, moi, elle, lui, eux, toi.
J'aurais aimé... On peut mettre ainsi beaucoup de phrases au conditionnel. j'aurais aimé avoir plus de temps, voilà. Ce fut trop court, et je me suis très mal organisée. Résultat, je me retrouve comme une imbécile, à tout faire à la dernière minute (en même temps, on ne change pas une équipe qui gagne) et ce soir, une once de mélancolie se dessine dans l'air, alors que j'aimerais simplement profiter ces jours estivaux parisiens où le soleil décide finalement à pointer le bout de son nez.

Je vais être prise de court, je le sais. Au moment de m'en aller, je vais soudainement m'apercevoir que j'aurais dû mieux gérer, arrêter d'être sans cesse à la bourre. j'imagine qu'une fois arrivée à l'aéroport, Jiminy va débarquer avec ses gros sabots "ey cocotte, t'as pas oublié quelque chose par hasard?'
Bon, J'arrête là les grands débats nostalgiques qui empestent la philosophie de comptoir, préférant soigner ma sortie. Trop de "je", trop de "moi", comme dirait l'ami Henri Beyle.
J'ai déjà raté mon entrée et mon acte...

dimanche 9 mai 2010

C'est pas faux...

Eh non, ceci n'est malheureusement pas un hommage à Kaamelott et aux frasques de Sieur Perceval. Nul article dithyrambique sur ce Dieu qu'est Alexandre Astier. Après cette (trop) longue digression, rétablissons le lien: je parlerai ici de ces créatures que je regroupe dans la catégorie des "filles insipides" - d'où le titre, les fans hardcore comprendront que je fais référence à "la Botte Secrète", Livre II, épisode 71. Mais là n'est pas le sujet.

Comme beaucoup d'individus de chromosome XX dans ce bas monde, je perds parfois mon temps à parcourir les pages de Glamour, Elle et autres BIba. J'apprécie tout particulièrement décortiquer les tenus tapis rouges de nos stars préférAI. Il est clair que si certaines se distinguent par leur classe et leur élégance (Kate Winslet, Dita Von Teese, Cate Blanchett) ou pour leur côté rebelle (Eva Mendes, Lilly Allen, Gwen Stephani) d'autres en revanche sont louées pour leur style ultra fashion, leur goût vestimentaire...Seulement voilà, bien souvent ce torrent d'expressions élogieuses s'applique à des femmes dont je n'arrive jamais à retenir ni le nom, ni le visage, ni le métier -si pour certaines on peut parler de métier.
C'est étrange, la plupart du temps, on me dit physionomiste; et je sais que ma mémoire est très visuelle. Mais citez-moi le nom de Klum ou de Miller, impossible de me représenter la personne, réduite ainsi à l'état de concept ou de couverture de magazine féminin. POur moi, elles se ressemblent toutes, et je les confonds systématiquement.

Tenez, à l'instant même où j'écris ces lignes, je me trouve incapable de retrouver la longue liste de noms de toutes cette clique de stars. Je pense en particulier à des filles telles que Sienna Miller (cf photo), Charlize Theron (j'ai du aller vérifier l"orthographe, ce qui montre mon manque de considération pour ce genre de personnes), Kate Hudson, Kate Bosworth, Diane Kruger ou encore Heidi Klum, mais la liste est certainement bien plus longue.
La raison qui sous-tend ce mini-Alzeihmer est la suivante: je trouve ces filles complètement et irrémédiablement insipides, dépourvues de saveur, de personnalité ou de talent. Cela est peut-être dû à leurs cheveux blonds californiens péroxydés, au vide de leur regard, ou encore de leur accent typé américain. Certes, mais comme me diraient les défenseurs de la médiocrité et des icônes de la mode, le doux nom de Heidi Klum répond à des consonances germaniques. Qu'importe. Il ne suffit pas d'être allemande pour échapper à la malédiction de la pouffisation massive made in US., pour devenir la barbie lambda qui évolue à Hollywood.

Ce qui m'amène à la problématique suivante: qu'ont fait ces nanas pour devenir célèbres? Bonne question me dira-t-on. Je suis certaine que les lectrices avides de Glamour qui louent Mesdames ne seraient pas plus capables que moi de me répondre. Eh bien je me suis renseignée, et sans grande surprise, j'ai découvert qu'elles étaient mannequins, actrices à temps partiel, girlfriends d'acteurs ou de mecs connus (comme Sienna Miller qu'on sait avoir été l'ex de Jude Law, mmm quelle postérité...), call-girls ou encore adeptes du "sois belle, tais toi, ne fais rien de ta vie". Bien évidemment, ce sont souvent des filles à Papa pleines aux as, qui ont vécu une belle enfance dorée passée dans une cage de verre, et surtout, surtout point d'études constructives ou de métier un tant soi peu stimulant, les livres et le travail, c'est bien connu, ça fait mal à la tête.
Ô Lecteurs ne croyez pas que j'éprouve du mépris pour la dure profession qu'est le mannequinnat ou pour ce statut d'icône de la mode. Je suis parfaitement consciente que c'est quand même super éprouvant de passer la journée à se faire maquiller et habiller pour aller ensuite se déhancher sur un podium. Et puis les tournées, les photos, les conférences de presse, c'est tellement épuisant, sans compter que c'est atroce, tous ces regards qui se posent sur vous, on se sent si vulnérable... Soit. Mais je mets au défi toute fashionista de me citer ne serait-ce qu'un seul film dans lequel Heidi Klum a joué.

En somme, la renommé de ces charmantes demoiselles se résume à de belles et chères fringues et à la célébrité. Ce que je trouve profondément affligeant. Si encore c'étaient de grosses catins ou droguées qui font la couverture de moult tabloïds, telles que Kate Moss (même si cette maigrichonne anorexique m"insupporte) ou Lindsay Lohan. Leur postérité est rélèguée au statut de la fille sympa, que tout le monde aime, et qui s'habille bien -ce qui, en soi, est aussi discutable... Tu parles d'un métier!!

Malheureusement, cette catégorie n'est pas propre aux magazines, aux paillettes et à la patrie de l'Oncle Sam. Combien de nanas aux jambes de mouches et dont la blondeur capillaire écorche la rétine, avons-nous vu arpenter les rues du Marais ou du Boulevard Montparnasse? ces chères âmes qui se suivent à la file indienne dans les artères du Quartier Latin écument les bars les plus trendy, sont à la pointe de la mode, et pourtant, elles seront les dernières dont vous vous souviendrez dans votre vie mouvementée. Elles ne vous agacent même pas parce que, la plupart du temps, leurs paroles s'apparentent à une suite de banalités plus futiles les unes que les autres.
En revanche, ce que je trouve beaucoup plus terrifiant dans cette histoire, c'est que ces filles ressemblent à des clônes, et se répandent aux quatre coins du monde, comme si elles pratiquaient une sexualité débridée de lapin. Ce genre de nanas peut vous contaminer, elles sont contagieuses et se répandent comme une traînée de poudre, et nous pourrions assimiler ce phénomène à un des nombreux titres de la Saga Star Wars (dont je n'ai encore vu aucun film jusqu'au bout sans m'endormir): l'ATTAQUE DES CLÔNES!!!

Dans ce cas, pourquoi diable la fille insipide plaisent tant? Car, contrairement à la pétasse moyenne dont le rire tonitruant résonne à tout va, la fille insipide est posée, calme et sympa, des qualités louées et admirées en ces temps de crise où il faut faire profil bas parce que, voyez-vous, c'est la mode.
Alors, pourquoi ne pas adopter leur philosophie? Eh bien tout simplement parce que je préfère une personne qui m'agace ou qui m'émeut à la fille qui laisse dans ma bouche autant de goût que du caoutchouc en salade.

mercredi 14 avril 2010

'Pre-Raphaelite Art in the Victoria and Albert Hall Museum'

POur ceux qui ne le savent pas et que je n'ai pas encore soulés avec le sujet, laissez-moi vous dire que, depuis le début de l'année, je dois rédiger un mémoire. La phase actuelle est moins draule -il s'agit de me commencer la rédaction- mais ce n'est pas le propos du jour. J'ai décidé, depuis quelques temps déjà, de me consacrer aux Pré-Raphaélites. Un article viendra sur cette fascinante école d'art anglaise du 19ème siècle, mais aujourd'hui, je voulais vous parler du dernier livre que j'ai lu à leur sujet, trouvé dans une sympathique librairie londonienne.

Comme son nom l'indique, Pre-Raphaelite Art in the Victoria and Albert Hall Museum est une étude sur les collections du musée, qui vont d'ailleurs bien au-delà des quelques meubles ou tapisseries que j'ai pu admirer au V&A. On disserte donc sur la peinture Pré-Raphaélite mais aussi sur les vitraux, les tapisseries, le mobilier...
L'oeuvre n'est peut-être pas la plus exhaustive que j'ai croisée, mais elle a le mérite d'être claire, concise, bien écrite (je bénis ces anglais qui, contrairement à leur congénères universitaires français, ne recherchent pas la complexité lorsqu'il s'agit de traiter des sujets théoriques) et POUR UNE FOIS, nous n'avons pas des pages et des pages qui concernent les histoires de fesses des artistes, certes passionnantes mais guère utiles pour l'analyse proprement artistique.
Ce qui est d'ailleurs remarquable avec Suzanne Fagent Cooper, c'est l'objectivité de ses analyses, contrairement à un Timothy Hilton ou à un Tim Barringer. De manière générale, j'ai l'impression que cette neutralité caractérise les femmes qui abordent le sujet, si on exclue bien sûr les études ultra féministes, revendicatrices et finalement pauvres de Pamela Gerrish Nunn et Jan Marsh.

Le livre de Ms Fagent Cooper s'organise donc en grands thèmes, comme la Religion, la Littérature et les Légendes, les Femmes et la Sexualité, le Réalisme, la Musique en s'attachant toutefois à décrire les traits distinctifs des oeuvres de la deuxième génération de Pre-Raphaélites, menée par Rossetti et Burne-Jones. Même si j'ai trouvé qu'elle forçait un peu le trait sur ce dernier, et si elle en parle un peu trop à mon goût, les analyses précises d'oeuvres sont fouillées et extrêmement riches, tant du point de vue de la forme et de la technique employée que des thèmes et de l'interprétation.
Ce que j'ai trouvé le plus intéressant, c'est les chapitres sur les Légendes, la Littérature et les Femmes, ce qui tombe bien puisque c'est sur ces thèmes que je veux travailler dans mon mémoire. Son étude sur la sexualité et la représentation des femmes fait preuve d'une remarquable lucidité, contrairement à cette foule de critiques qui ne font que porter un regard mêlé de crainte et d'admiration.

Finalement, Suzanne Fagent Cooper réussit tout à fait à recréer l'impression qui se dégage lorsque le spectateur se trouve face à l'art Pré-Raphaelite: une impression de "raffinement", de "délicatesse", comme se plaisait à le montrer Oscar Wilde.
je conseille donc ce livre pour tous les amateurs d'art Victorien, mais sachant qu'il faut tout de même connaître un minimum l'histoire de La Confrérie Pre-Raphaélite pour pouvoir apprécier la prose de cet auteure.

mardi 6 avril 2010

'Alice in Wonderland' Tim Burton





"What is the difference between a raven and a writing desk?" demande the Mad Hatter à Alice tout au long du film. OUtre le fait que le Chapelier ne réponde malheureusement pas à la devinette (contrairement à ce que fait Lewis Carroll en exergue de Through the Looking Glass ) le film de Tim Burton se résume globalement à l'adjectif suivant: décevant.

Je ne m'étendrai pas sur des lignes par rapport à cette espèce d'obession qu'on a pour la 3D parce que j'ai moi-même, pendant la séance, chaussé mes lunettes rouges et vertes. J'ajouterais juste que voir cette déferlante d'affiches affublées du logo 3D commence à sérieusement me casser les bonbons. Mais là n'est pas le sujet, puisque j'ai trouvé que la 3D était plutôt bien exploitée. Certes, elle affadit les couleurs mais cela correspond bien à l'univers sombre de Mr Burton, et pour une fois, (mais contrairement à mes cousines) je ne suis pas sortie de la salle en ayant une envie irrésistible de me mettre la tête dans les toilettes.
Alors, je le conçois, graphiquement c'est sublime. Un univers ô combien Burtonien, avec des costumes excentriques, la robe orgasmique que Alice enfile lorsqu'elle est chez la Reine Rouge, un Chapelier haut en couleurs...

Seulement... voilà, c'est ça le problème, c'est qu'il existe un "seulement". Un beau décor ne fait pas tout. Allez savoir pourquoi Tim a voulu à tout prix transposer le monde de Carroll 10 après, au moment où Alice est en âge de se marier. Allez savoir pourquoi ce monde, d'habitude si drôle, si loufoque et si ambigü, devient un univers complètement manichéen, avec les pions blancs d'un côté, et les cartes rouges de l'autre. Tim est connu, normalement, pour ses films étranges, dépourvus de morale, qui explorent les recoins les plus sombres de la conscience et des peurs enfantines. On aurait pu penser que les oeuvres de Lewis Carroll correspondraient bien au génie fou de Burton. Eh oui, chers spectateurs, ce film aurait pu être une tuerie.
Au lieu de celà, on nous sert un sur Narnia (parce que quand même, Tim Burton est au dessus de la merde pour gosses) où Alice se transforme en héroïne qui doit combattre la méchante Reine Rouge. Non seulement c'est l'antithèse de l'esprit de Carroll, mais en plus Tim amalgame avec maladresse la Reine de Coeur de Alice à la Reine Rouge de l'échiquer du deuxième opus. Il en résulte un film brouillon, avec beaucoup de longueurs.
De manière générale, les références Carrolliennes sont très mal intégrées, surtout lorsque Alice n'est pas encore tombée dans le terrier. Comme le moment où elle remarque une chenille sur l'épaule de sa pseudo belle mère...

Le pire, c'est la recréation de la société victorienne, de ses règles et ses coutumes. On dirait une sous adaptation de Jane Austen pour la BBC. Que voulez vous, Tim a beau essayer, la sauce ne prend vraiment pas. Je ne m'étendrai pas sur le ridicule de Tweedledee et Tweedledum, sur l'absence totale d'humour, de peur de fustiger ce réalisateur que j'aim(ais) tant.
Dieu merci, Helena Bonham Carter et Johnny Depp rattrapent quelque peu l'affaire, je dois admettre que le Chapelier est tout de même très bon. C'est du pur Depp, il abandonné les mimiques insupportables héritées de Jack Sparrow qu'on retrouvait dans Sweeney Todd, et Helena est jouissive en Reine insupportable et colérique.
L'actrice qui interprête Alice n'est pas mal, sauf au début où elle passe son temps à essayer de se réveiller.
Mais le problème, c'est que c'est à peu près tout. Payez vous une bonne tranche de marrade, si, comme mes cousines et moi, vous aviez envie de vous pisser dessus de rire à la moindre apparition des yeux de crapaud de Anne Hathaway. Le pire, c'est que je ne sais même pas si Burton s'est rendu compte de son jeu affligeant et de ses bras constamment en l'air qu'on veut couper pour la faire ressembler à la Venus de Milo. Quant à son château, il est labellisé Barbie Puissance Mille.
Enfin, le côté effrayant de l'oeuvre de Carroll est totalement neutralisé. Si le Jabberwocky surprend par sa qualité graphique, dès qu'il ouvre la bouche, vous avez envie de pleurer à cause de la stupidité des mots prononcés.

On peut trouver mille explications à ces ratés, mais je crois que tout simplement, l'univers très (trop) British de Carroll ne convient pas à Burton, et c'est pour cela que la société Victorienne dépeinte est dépourvue de toute once de réalité. A vouloir trop faire original, on s'est éloigné des extraordinaires dessins de John Tenniel qui sont rentrés dans la conscience littéraire, ou de, plus tard, de la patte féerique de Arthur Rackham. Et pour me consoler, j'aurais envie de revoir le Alice Disney qui reste la meilleure adaptation du livre, quoi qu'on en dise. Même si Burton a détesté ce dessin animé, et même si pour l'instant, la personne a laquelle je pense quand je vois la scène du thé est à des kilomètres. Eh oui, ce Alice là a au moins le mérite de provoquer des réactions de démence incontrôlée chez moi, d'avoir envie de hurler des expressions typiquement nonsense telles que "LE TEMPS QU'EST CE QUE LE TEMPS?", "UN MONNNNSTRE" et autres "peignons les roses en rouge". Et si vous faîtes attention, certains dialogues sont repris tels quels.

Cela m'inquiète. Parce que Tim est sur une mauvaise pente. Peut etre que la vie de famille le rend niais et le plonge dans un océan de guimauve, mais il n'a produit aucun chef d'oeuvre depuis Big Fish. On me répliquera qu'il y a eu Corpse Bride et Charlie et la Chocolaterie. Certes, mais ces films n'ont ni l'émotion de Big Fish, ni la force visuelle de Sleepy Hollow, ni l'humour de Beetlejuice. Mr Burton, revenez-nous!!!

samedi 3 avril 2010

Kitty, Daisy and Lewis au Café de la Danse


Salle noire, fosse minuscule, sièges rouges. Lumières plutôt tamisées. La première partie? du folk à tendance masturbation intellectuelle, sauf pour les moments un peu dansants du groupe. Mais une musique somme toute assez impersonnelle, et, de toutes manières, je n'écoute pas avec attention les groupes de premières parties lorsque je vais voir un artiste qui me plaît. L'avantage c'est que nous sommes vraiment tous prêts de la scène.
Vers les environs de 21 heures, Kitty, Daisy, Lewis et leurs parents pointent le bout de leur nez sur scène. Dès leur entrée, le "la" est donné: cheveux gominés, costume façon Carry Grant pour Lewis, robe rouge satinée pour Daisy, tandis que Kitty arbore une robe à fleurs et des petites ballerines pour être plus à l'aise.

***Bon ce que j'ai moins aimé, c'est de me retrouver à côté d'une certaine personne qui, en plus de m'être antipathique, est photographe de concert. je profite de cette parenthèse pour faire une petite digression sur cette communauté étrange et si particulière que sont les photographes de concert. Outre le fait que je les déteste cordialement lorsqu'il arborent fièrement leur pass backstage, leur attitude m'insupporte. Oui, toi, pauvre petit spectateur insignifiant, je te pousse sans remords, sans prendre la peine de dire pardon, parce que, vois tu, je dois prendre une photo et que mon gros engin me donne tous les droits. Voilà, c'est à peu près le genre de comportements que j'assimile au summum de la grossièreté. La digression de la nana aigrie est finie. ***

Kitty et Daisy entament leur set en chantant a cappella ("whap bham boom, that's what the song is all about"), à l'instar de tous leurs concerts. Je redoutais donc une pâle copie du show que le groupe nous avait servi à Rock-en-Seine, mais j'étais loin de me douter de ce qui allait se passer. En réalité, le concert a dépassé toutes mes attentes. Toute la famille Durham est réunie au grand complet et nous délivre un set de une heure trente. Trop court, dira l'afficionado des foules et de la musique live? Peut-être mais avec un seul album à leur actif pour l'instant, c'était compréhensible.
Les chansons s'enchaînent, telles "Mean Son of a Gun", "Polly Put the Kettle On", ou encore "Honolulu rock a rolla". Même si la fratrie Durham alterne derrière chaque instrument, des tendances se dégagent: ainsi Daisy, le rythme dans la peau, excelle à la batterie, Kitty à la guitare et l'harmonica, Lewis aux claviers. Quel swing, quel rythme!
Dans la salle, ça twiste à tout va, l'ambiance est survoltée, quelque chose que je croyais peu semblable pour un aussi petit groupe. Le public est très chaud, ça danse, on aurait presque envie de faire du rock acrobatique!
Et tout d'un coup, nous nous rendons compte que Kitty Daisy and Lewis nous emmènent dans un incroyable voyage spatio-temporel. Nous ne sommes plus en 2010, dans une petite salle parisienne d'avant-garde. Non, nous nous retrouvons en 1950, dans une Amérique d'après-guerre qui respire la joie de vivre et les débuts du rock'n'roll.

Les meilleurs moments restèrent tout de même les traditionnels "Going up the Country" et "Hold me Tight". Comme à Rock-en-Seine, un "special guest" monte sur scène, le même black à la trompette (dont j'ai complètement oublié le nom), certes bon mais qui soule un peu à force de "yeah yeah yeah" à faire répéter au public.
Qu'importe. Après la fausse sortie en coulisses, le groupe revient pour un final absolument détonnant, pour interprèter majoritairement des morceaux dépourvus de paroles. Kitty et Lewis en particulier se livrent à une démonstration de conversation musicale: Lewis fait parler son clavier, auquel Kitty répond par des accords de guitare qui reprennent la même ligne de notes. Et, sur la toute fin, la petite dernière de la fratrie Durham nous envoie un sublime solo d'harmonica, tant et si bien que la benjamine est toute essoufflée.

Kitty Daisy and Lewis, ce n'est donc pas seulement un petit groupe londonien aux compositions enjouées, aux reprises rockabilly qui tente un faible revival fifties. Kitty Daisy and Lewis, c'est toute une attitude, une façon de vivre ô combien rétro pour nous montrer que non seulement le bon rock a existé avant les Beatles, mais aussi que les jeunes d'aujourd'hui sont capables d'intégrer des influences lointaines et qu'on peut twister sans vouloir à tout prix jouer la carte de la modernité.


dimanche 28 mars 2010

'Speak Memory', de Vladimir Nabokov


"Speak Memory" n'est peut être pas l'autobiographie la plus fidèle que j'ai lue, mais c'est de loin la plus belle. Evidemment, l'auteur de "Lolita" joue avec les conventions, et il faut s'attendre à tout sauf à un classique du genre, bref, à ce qu'on espère normalement trouver dans un récit de mémoires.
Nabokov dépeint avec force détails sa jeunesse, depuis les circonstances de sa naissance jusqu'à la construction de sa vie d'adulte avec sa femme et son fils. A travers ce flot de souvenirs, le but de Vlad, dont l'écriture est toujours si propice à la mélancolie, est d'établir la genèse qui l'a poussé à devenir écrivain.

L'importance de l'enfance est omniprésente. Si vous avez eu, comme moi, le choc émotionnel requis à la lecture de "Ada ou l'Ardeur", vous comprendrez que l'enfance de Vlad se situe en Ardis, dans une Russie fantasmée, idyllique, aux abords de St-Pétersbourg. Et Nabokov, à l'instar de Van, Ada et Lucette, fait partie de ces enfants prodigieux nés sous le signe du Don. On trouve alors des moments de grâce enfouis sous cette combinaison fluide et habile de métaphores: le petit Vlad découvrant les mots qu'il associe aux couleurs, la délicatesse de petite fille qui caractérise sa mère (magnifique moment où elle feint l'admiration lorsque ses enfants ouvrent leurs cadeaux de Noël), la passion naissante de l'auteur pour les papillons, ses premiers amours à Biarritz...
Chez Nabokov, tout est changement, désir, et les figures de style remarquables se distinguent par ce ton à la fois désinvolte et éloquent. Tout est sublimé, et même s'il est parfois difficile de suivre l'auteur aux confins des périgrinations de sa mémoire, j'ai aimé le regard ironique ou délicat qu'il porte sur ses proches: le père sur le point de se battre en duel avec Pouchkine, les nombreux tuteurs naviguant entre trois langues (anglais, russe, français)...

Ce qui est surtout admirable, c'est la façon dont l'oeuvre s'étend sur l'enfance pour, à la deuxième moitié, précipiter le lecteur vers la vie d'immigré suivant la Révolution de Mars et s'achever telle une esquisse sur les études de Nabokov et sa vie de famille. Un peu comme dans "Ada", en fait, l'enfance se situe hors du temps, dans cette Anti-Terra qui n'est autre que notre monde perçu à travers les sensations et les rêves.
Le livre, dédié à sa muse et épouse Véra, ressemble à un présent dans lequel l'auteur se livre. J'apprécie tout particulièrement le ton confidentiel qu'il adopte dans cette oeuvre dans laquelle il s'adresse à la deuxième personne du singulier créee non pas pour le lecteur mais pour sa chère et tendre elle-même.
Comme de coutume, il joue à cache-cache avec le lecteur, et celui ci ne sait jamais vraiment distinguer le fait de la fiction mais peut-être qu'au fond, c'est cela, le mécanisme même de la mémoire et de la re-création des souvenirs...



lundi 22 mars 2010

'My Old, Familiar Friend' Brendan Benson


Il en est de ces albums qui ne se savourent véritablement qu' à la cinquième ou sixième écoute. Pas ceux pour lesquels vous avez un coup de coeur immédiat, mais plutôt ceux qu'on apprend à savourer tel un plat épicé qui recèle d'arômes inconnus. J'apprécie tout particulièrement ce sentiment: on écoute le CD en boucle, puis tout d'un coup, arrêt sur image et on se dit "mais minute papillon, ces chansons sont vraiment géniales, elles me font vibrer".

C'est le cas avec "My Old, Familiar Friend" de Brendan Benson. Pour ceux qui ne le savent pas, Brendan est le poteau qui accompagne Jack White à la guitare sur les Raconteurs. J'ai découvert cet artiste à peu près au moment où les Raconteurs commençaient à se faire connaître, lorsque un ami m'offrit "The Alternative to Love" pour mon anniversaire. Cet album m'avait fait presque le même effet, je l'avais apprécié graduellement, et puis tout d'un coup, un jour je me suis mise à écouter avec attention les paroles de "What I'm Looking For" qui m'avaient toute retournée.

Sur son quatrième album, Mr Benson ouvre le bal très fort, dans une symphonie de guitares et de caisses claires, comme sur le début de "The Alternative to Love" avec "Spit it OUt". "A Whole Lot Better" donne donc le ton: envolées sauvages et paroles douces-amères sont au goût du jour.
Puis, on s'évade vers des mélodies pop-rock teintées de violons, le tout enrobé dans un rythme toujours entraînant. En ce sens, "Eyes on The Horizon" nous emmène dans une croisière plutôt remuante, et "Garbage Day" constitue une belles pépite et en ce début d'album. "Take you Home" représente la consécration. POur les petits chanceux qui ont pu voir Brendan en février dernier au Nouveau Casino, je peux vous assurer que sur scène, cette chanson qui signa la fin du concert fut tout simplement sublime.

Il y a chez Brendan une véritable oscillation entre la force de ses chansons électriques ("Poised and Ready", "Don't Wanna Talk about it"), et les mélopées nostalgiques qu'on trouve sur "You Make a Fool out of Me" et parfois ces deux tendances sont réunies: "Misery". En réalité, l'album entier est fluide, l'ordre des chansons savamment choisi, et il s'achève sur le tumultueux "Borrow", suivi de deux pistes cachées, "New Words of Wisdom", troublante d'émotion, et "I'll Never Tell " peut-être la chanson la plus sombre de l'album.
Nulle chanson violente et enflammée comme on peut en trouver chez les Raconteurs, ni de chansons dégoulinantes à force de pianos et de voix chevrotantes.

Je crois que ce qui fait la force harmonique de Brendan, c'est ce subtil amalgame de claviers et de guitares. Et puis faut savoir que c'est lui qui compose tout, comme un grand: batterie, guitare, basse, paroles...
Les critiques que j'ai lues ont beau répéter qu'il ne fait "rien de révolutionnaire", que c'est de la pop somme toute assez banale, mais je ne suis pas d'accord. Il y a chez Brendan un je-ne-sais-quoi qui fait qu'il appuie sur la corde sensible, là où ça fait mal ou là où vous esquissez un sourire, pour vous rendre compte d'une chose: Mr Benson est juste. OUi, "juste" c'est, je crois, le mot qui décrirait le mieux sa musique. Il est dans le vrai, dans la nuance et la subtilité. Lorsque vous écoutez "What I'm Looking For", vous vous dites: "voilà, c'est tout à fait ça, il exprime exactement ce que je ressens, là, maintenant, sur le moment".
Et puis il faut dire qu'il a le don de magnifier des paroles qui sembleraient ridicules dans la bouche du chanteur de brit pop lambda.

Comme l'indique le titre, "My Old, Familiar Friend" s'apparente à un ami qui nous prend la main pour nous écouter, nous expliquer certaines choses de la vie, c'est pourquoi un sentiment de proximité avec Brendan m'envahit lorsque je l'écoute.
Cet album, encore meilleur que le précédent que je trouve déjà bon, marque, je crois, une sorte de tournant dans l'écriture musicale de Brendan.

Et donc, Mr Benson, je voulais vous remercier pour l'émotion transmise à l'écoute de ce CD, si complet et si juste dans sa composition.

TRuly Yours, etc...



dimanche 21 mars 2010

Fashion, fanfreluches et chiffons


OUi, je vous l'accorde, on me dira que c'est fort étrange pour un premier article. Pas vraiment en phase avec mes idéaux et mes passions (quoique, si on y réfléchit bien, cela révèle mon côté chieuse), mais qu'importe, j'aime le désordonné.
Avec les beaux jours qui arrivent, les Collections Printemps qui envahissent les magasins et poussent à la consommation, je ne peux m'empêcher de disserter sur un sujet qui m'intrigue beaucoup: la Mode.



La mode a beau être une forme d'art, revendiquée par de nombreux couturiers et créateurs, elle n'en reste pas moins un art étrange, situé dans une contrée lointaine, entre le Luxe, les arts visuels et l'esprit de masse.
Le but serait avant tout esthétique, mais pas que. Il y a dans la mode, des pratiques, des vêtements, des coutumes qui me laissent profondément perplexe.
Tenez, pas plus tard qu'hier, j'ai vu une foultitude de jeunes filles bobos du Marais se balader avec un jean un peu large, très retroussé, des mocasssins énormes qui vous font des pieds de canard, le but étant de laisser absolument voir les chevilles. Autant dire que l'effet est celui de gambettes à la Bozo le clown, il ne leur manquerait plus qu'un gros nez rouge et un maquillage blafard (et franchement je n'aimerais pas, je suis terrifiée par les clowns, mais ça, c'est un autre sujet...).
Outre le côté proprement social de cette pratique, qui semble définitivement être en phase de devenir l'ultime effet de style "fashion" de cet été, permettez moi de dire que c'est franchement hideux. On me dira que mon avis est subjectif, mais j'ai beau essayer de voir de la beauté dans les chevilles à l'air façon Bozo, non décidément, je n'y parviens pas.

Oh, il ne faut pas croire que je méprise la mode, bien au contraire. Comme toute fille normalement constituée qui se respecte, je suis dingue de shopping. Seulement, il y existe dans ce bas monde des fringues que je ne comprends pas.
Ne croyez pas que je n'essaie pas: parfois je me mets même dans la peau de mes congénères du 4ème arrondissement pour voir "comment ça fait" quand on vit comme si on était une star de ciné.
Le sac porté sur le coin du coude par exemple. Vous savez, cette façon qu'elles ont de le tenir avec l'avant bras replié en avant et la main qui pend avec désinvolture ou la paume tournée vers le ciel. Eh bien, j'ai essayé. Et, on peut me dire que c'est hyper fashion et tout ce que vous voulez, mais ça fait super mal. Peut-être que c'est parce-que,dans mon sac, il y beaucoup de choses telles que mon Ipaude classique, des crayons à dessin, mes clefs de la taille d'une orange shootée aux OGM, un bouquin, mon portefeuille assez proéminent, le portable, mais honnêtement... quel genre de fille se balade avec le strict minimum, clefs, carte Imaginaire, portable et à la rigueur Ipaude nano?

Un autre article qui, apparemment, ne décède pas, sorti tout droit des années 80 (ah ça aussi, il faudra en reparler, tricky issue...) c'est le legging. Je pense en particulier à ma cousine sur ce point qui, je le sais, partage ma position (ma cousine, bien sûr, pas le point). Combien d'heures avons-nous passées à fustiger le legging, cette chose informe qu'on met à toutes les sauces, comme si une fille n'avait rien d'autre dans ses accessoires que ce pathétique morceau de tissu collant aux fesses... Et le short par dessus le collant en hiver aussi, parlons-en!! Mais qui a vu moins classe et moins esthétique?
Si je m'étends ainsi, c'est parce que je trouve que ces coutumes représentent l'antithèse de la classe et du chic. A voir ces jeunes filles se balader dans la rue, ballerines pointues aux pieds, sacs clinquants à la main, et slims trop serrées pour elle, Audrey Hepburn se retournerait dans sa tombe!

Parce que, le problème inavouable qui m'accable est le suivant: j'aime la mode. Un peu comme une amie agaçante qu'on apprécie et qu'on déteste à la fois à force de l'avoir trop vue, elle me fascine tout comme elle m'insupporte.
J'aime regarder les longues robes des actrices dans Glamour ou Elle, j'adorerais voir un défilé de Dior ou de Christian Lacroix, et leur pouvoir de création m'intéresse. J'avais même pensé devenir styliste à un moment.
Dans les boutiques, j'aime trouver la perle rare, LA fringue sortant un peu de l'ordinaire.
Et avec la mode, on est parfois devenues copines, non sans une certaine honte: je me suis mise à adorer les converses alors que je crachais dessus, à porter des jeans plus serrés que je trouvais avant hideux... La mode a parfois vaincu, et lorsque que ce fut arrivé, elle me jetait des sourires narquois et riait sous cape.

Alors qui sait, peut-être qu'un jour je porterai des leggins ou des escarpins à bouts pointus, mais aujourd'hui, l'esprit rebelle et rock n roll de l'anti-convention me hurle:

C'est pas demain la veille!

Please allow me to introduce myself...

... Contrairement aux douces paroles fredonnées par notre acolyte Briton Mr Jagger, je ne suis pas un individu de sexe mâle.
Cette courte phrase d'accroche, destinée à attirer l'attention du lecteur, comme on nous l'a si bien appris en prépa, n'a pour autre but que de pimenter une introduction ô combien conventionnelle.

Arrêt sur image. A quelques lignes du début de la fin (ou de la fin du début, rayez la mention inutile), je suis fichée, par les Stones d'une part, et par ce qu'en France nous appelons communément les classes préparatoires, en parallèle du système universitaire.

Soit. Et pourtant, le bouton est sur play, pas de retour en arrière possible. Analysons, décodons, cherchons.

Pourquoi un blog?
Non sans écarter le volet irrémédiablement narcissique de l'histoire, je dois avouer avec une certaine honte que l'époque du blog de mes quinze ans me manque. Certes, je pense que relire les articles me ferait aujourd'hui doucement rire -Dieu merci, il est supprimé- mais, voyez-vous, le besoin de s'exprimer reste tout de même assez jouissif.
Et puis, sans non plus me prendre pour une écrivain sur le devenir, et pour oublier ce roman que je tente désespéremment d'achever, l'art de combiner les mots, ces charmantes unités lexicales qui résonnent de façon si particulière à nos oreilles, m'enchante.
Nulle prétention littéraire donc, juste une envie de tapoter négligemment sur le clavier pour créer un petit work in progress.


De quoi ça s'agit?
De pas mal de trucs en fait. De la vie, de ce qui m'émeut, me charme, m'agace, m'ennuie, me fait rire... des coups de coeur, des coups de gueule, oeil pour oeil, dent pour dent.
D'où le titre du blog: sans prétendre à vouloir tout déchiffrer dans ce fleuve qu'on appelle la vie, qui est tout sauf long et tranquille, c'est plutôt un mode d'emploi afin de cartographier les recoins de cette chose complètement bordélique que sont mon esprit et mes passions. Souvenez-vous, si jamais vous avez vu ou lu Peter Pan, de la mère qui, au moment du coucher, explore l'esprit de ses enfants pour effacer les éléments qui y sont entrés mais qui devraient en sortir, pour retrouver quelques pépites, certains bribes de rêves ou de conversations... eh bien c'est à peu près cela.
"La vie en rock" promeut un concept cher à mon coeur: passer ses jours et agir selon une certaine philosophie, saisir le moment, à l'instar des vers de Robert Herrick:
Gather ye rose-buds while ye may
Old time is still a-flying
But this same rose that smiles today
To-morrow will be dying
On y parlera donc humour, événementiel, anecdotique, mais surtout arts: littérature, musique, cinéma, peinture, parce que sans eux, le mode d'emploi décrit plus haut serait bien triste.

Comment ça marche?
Question idiote, mais réponse peu aisée à donner. Lucinda (oui, Lucinda, MeggySue ou Tink, c'est selon la personne que j'ai en face) on l'aura compris, c'est mézigue. Eh bien c'est plutôt simple, Lucinda marche quand on appuie sur "Lecture". Je dis lecture parce que pour une fois, je préfère l'appellation française qui fonctionne par analogie avec cette activité fatigante pour les yeux mais stimulante pour l'imagination.
J'aime assez l'idée qu'on puisse me lire comme un dévédé.

Bon, "tresse de plaisanteries", comme dirait une amie. j'en ai assez dit, les meilleures entrées en matières ne sont pas forcément les plus longues. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter
And aLl thAt JaZz