POur ceux qui ne le savent pas et que je n'ai pas encore soulés avec le sujet, laissez-moi vous dire que, depuis le début de l'année, je dois rédiger un mémoire. La phase actuelle est moins draule -il s'agit de me commencer la rédaction- mais ce n'est pas le propos du jour. J'ai décidé, depuis quelques temps déjà, de me consacrer aux Pré-Raphaélites. Un article viendra sur cette fascinante école d'art anglaise du 19ème siècle, mais aujourd'hui, je voulais vous parler du dernier livre que j'ai lu à leur sujet, trouvé dans une sympathique librairie londonienne.Comme son nom l'indique, Pre-Raphaelite Art in the Victoria and Albert Hall Museum est une étude sur les collections du musée, qui vont d'ailleurs bien au-delà des quelques meubles ou tapisseries que j'ai pu admirer au V&A. On disserte donc sur la peinture Pré-Raphaélite mais aussi sur les vitraux, les tapisseries, le mobilier...
L'oeuvre n'est peut-être pas la plus exhaustive que j'ai croisée, mais elle a le mérite d'être claire, concise, bien écrite (je bénis ces anglais qui, contrairement à leur congénères universitaires français, ne recherchent pas la complexité lorsqu'il s'agit de traiter des sujets théoriques) et POUR UNE FOIS, nous n'avons pas des pages et des pages qui concernent les histoires de fesses des artistes, certes passionnantes mais guère utiles pour l'analyse proprement artistique.
Ce qui est d'ailleurs remarquable avec Suzanne Fagent Cooper, c'est l'objectivité de ses analyses, contrairement à un Timothy Hilton ou à un Tim Barringer. De manière générale, j'ai l'impression que cette neutralité caractérise les femmes qui abordent le sujet, si on exclue bien sûr les études ultra féministes, revendicatrices et finalement pauvres de Pamela Gerrish Nunn et Jan Marsh.
Le livre de Ms Fagent Cooper s'organise donc en grands thèmes, comme la Religion, la Littérature et les Légendes, les Femmes et la Sexualité, le Réalisme, la Musique en s'attachant toutefois à décrire les traits distinctifs des oeuvres de la deuxième génération de Pre-Raphaélites, menée par Rossetti et Burne-Jones. Même si j'ai trouvé qu'elle forçait un peu le trait sur ce dernier, et si elle en parle un peu trop à mon goût, les analyses précises d'oeuvres sont fouillées et extrêmement riches, tant du point de vue de la forme et de la technique employée que des thèmes et de l'interprétation.
Ce que j'ai trouvé le plus intéressant, c'est les chapitres sur les Légendes, la Littérature et les Femmes, ce qui tombe bien puisque c'est sur ces thèmes que je veux travailler dans mon mémoire. Son étude sur la sexualité et la représentation des femmes fait preuve d'une remarquable lucidité, contrairement à cette foule de critiques qui ne font que porter un regard mêlé de crainte et d'admiration.
Finalement, Suzanne Fagent Cooper réussit tout à fait à recréer l'impression qui se dégage lorsque le spectateur se trouve face à l'art Pré-Raphaelite: une impression de "raffinement", de "délicatesse", comme se plaisait à le montrer Oscar Wilde.
je conseille donc ce livre pour tous les amateurs d'art Victorien, mais sachant qu'il faut tout de même connaître un minimum l'histoire de La Confrérie Pre-Raphaélite pour pouvoir apprécier la prose de cet auteure.

